Financer sa formation selon sa situation

Le financement d’une formation d’adulte dépend d’abord de votre statut. Le compte personnel de formation (CPF) sert à tous les actifs, avec une participation de 150 € depuis le 2 avril 2026. Les salariés peuvent y ajouter le projet de transition professionnelle ou la période de reconversion ; les demandeurs d’emploi, les financements de France Travail et de la Région.

150 €participation CPF depuis le 2 avril 2026
500 € par ancrédit CPF, jusqu’à 5 000 €
100 % du salaireen PTP, jusqu’à 2 SMIC
0 €pour le conseil en évolution professionnelle

Règles vérifiées le 29 septembre 2026.

Le compte personnel de formation

Le CPF est crédité chaque année de 500 €, dans la limite de 5 000 €, si vous travaillez au moins à mi-temps ; en dessous, le crédit est proratisé. Les actifs sans CAP, sans BEP et sans titre de niveau 3 reçoivent 800 € par an, dans la limite de 8 000 €. Vous mobilisez votre compte sur la plateforme Mon Compte Formation, avec votre identité numérique.

La participation obligatoire

Pour toute demande faite depuis le 2 avril 2026, une participation de 150 € reste à votre charge. Elle ne s’applique pas si vous êtes demandeur d’emploi, si votre employeur complète le financement, si vous utilisez les points de votre compte professionnel de prévention ou un abondement lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle.

Les plafonds de 2026

  • Bilan de compétences : 1 600 € au maximum, et pas de nouveau bilan financé dans les cinq ans.
  • Certifications du Répertoire spécifique, comme les habilitations électriques ou le CACES : 1 500 € au maximum.
  • Permis B et permis légers : 900 € au maximum, réservés aux demandeurs d’emploi et aux salariés bénéficiant d’un cofinancement.
  • Certifications du RNCP, comme un CAP ou un titre professionnel : pas de plafond spécifique.

Présentez-vous à l’examen. Depuis la loi du 25 juin 2026, ne pas se présenter à l’examen final sans motif légitime oblige à rembourser les sommes versées à l’organisme.

Vous êtes salarié

Le projet de transition professionnelle (PTP)

Il permet de suivre une formation certifiante pour changer de métier, en s’absentant de son poste et en conservant sa rémunération. Conditions d’ancienneté : en CDI, deux ans d’activité salariée, dont un an dans l’entreprise ; en CDD, deux ans sur les cinq dernières années, dont quatre mois en CDD au cours des douze derniers mois.

  • La demande d’absence est adressée à l’employeur 120 jours avant le début de la formation (60 jours pour une formation courte ou à temps partiel) ; sans réponse sous 30 jours, elle est acceptée.
  • Le dossier de financement est instruit par Transitions Pro de votre région, qui vérifie la cohérence du projet et les perspectives d’emploi.
  • La rémunération est maintenue à 100 % jusqu’à deux SMIC ; au-delà, 90 % la première année puis 60 %, sans descendre sous deux SMIC.

La période de reconversion

Créée par la loi du 24 octobre 2025, elle a remplacé Pro-A et Transco en 2026. Elle est ouverte à tous les salariés du privé : 150 à 450 heures de formation sur douze mois au plus, ou jusqu’à 2 100 heures sur trois ans par accord. Elle peut être interne, avec maintien du contrat et du salaire, ou externe, avec suspension du contrat et embauche par une autre entreprise pour au moins six mois. L’opérateur de compétences la finance à la demande de l’employeur.

La démission-reconversion

Elle ouvre droit aux allocations chômage après une démission pour un projet de reconversion. Conditions : être en CDI, justifier de 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois, suivre un conseil en évolution professionnelle, puis obtenir de Transitions Pro l’attestation du caractère réel et sérieux du projet avant de démissionner. Vous avez ensuite six mois pour vous inscrire à France Travail.

Vous êtes demandeur d’emploi

Présentez votre projet à votre conseiller France Travail : une fois validé, il peut vous orienter vers une formation financée par la Région, ou mobiliser l’aide individuelle à la formation (AIF) si les autres financements ne suffisent pas. Votre CPF peut compléter, sans la participation de 150 €.

Pendant une formation de plus de 40 heures, votre allocation chômage continue d’être versée sous forme d’allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF). Si vous ne percevez pas d’allocation, une rémunération peut être versée par France Travail ou par la Région, selon qui finance la formation.

Le contrat de professionnalisation est aussi ouvert aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus : 6 à 12 mois en alternance, avec au moins 150 heures de formation, et une rémunération au moins égale au SMIC et à 85 % du minimum de la branche.

Vous êtes indépendant

Votre CPF est alimenté par votre contribution à la formation professionnelle. Le fonds d’assurance formation de votre profession peut financer une partie de la formation : par exemple le FAFCEA pour les artisans, l’AGEFICE pour les commerçants et dirigeants non salariés, le FIF PL pour les professions libérales.

Le résumé par situation

SituationÀ regarder en premierQui contacter
Salarié qui garde son emploiCPF, formation hors temps de travailMon Compte Formation
Salarié qui change de métierProjet de transition professionnelleEmployeur, puis Transitions Pro
Salarié accompagné par son employeurPériode de reconversionEmployeur et opérateur de compétences
Salarié prêt à démissionnerDémission-reconversionConseiller en évolution professionnelle, Transitions Pro
Demandeur d’emploiFormation financée par la Région, AIF, CPF sans participationConseiller France Travail
IndépendantCPF et fonds d’assurance formationVotre fonds d’assurance formation

Les pièges à éviter

  • Un appel, un SMS ou un e-mail qui vous propose d’utiliser votre CPF : le démarchage est interdit depuis la loi du 19 décembre 2022.
  • Une formation « gratuite » : le coût existe toujours, il est simplement payé par un financeur. Vérifiez lequel, et ce qui reste à votre charge.
  • Une mensualité présentée sans le prix total, ni ce qu’elle comprend.
  • Une formation qui ne prépare pas de certification enregistrée : vérifiez le numéro RNCP sur le site de France Compétences.

Voir les formations compatibles avec votre situation

Le test indique, pour chaque résultat, les financements à explorer selon votre statut.

Questions fréquentes

Quel est le montant de la participation au CPF en 2026 ?

150 € pour toute demande faite depuis le 2 avril 2026 (décret du 30 mars 2026). Elle était de 103,20 € entre le 1er janvier et le 1er avril 2026. Elle n’est pas due par les demandeurs d’emploi, ni lorsque l’employeur abonde le compte, ni en cas d’utilisation des points du compte professionnel de prévention ou d’un abondement lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle.

Le CPF finance-t-il un bilan de compétences ou un permis de conduire ?

Oui, mais avec des plafonds depuis la loi de finances 2026 : 1 600 € pour un bilan de compétences, sans bilan financé dans les cinq années précédentes, et 900 € pour le permis B, réservé aux demandeurs d’emploi ou aux salariés avec un cofinancement. Les certifications du RNCP, comme un CAP ou un titre professionnel, ne sont pas plafonnées.

Peut-on cumuler plusieurs financements ?

Oui. Le CPF peut être complété par un abondement de l’employeur, de France Travail, de la Région ou d’un opérateur de compétences. Un abondement de l’employeur dispense en plus de la participation de 150 €.

Que se passe-t-il si je ne me présente pas à l’examen ?

Depuis la loi du 25 juin 2026, un titulaire qui ne se présente pas à l’examen final sans motif légitime doit rembourser les sommes versées à l’organisme et ne peut plus utiliser son CPF pour cette formation. Un décret doit préciser les motifs légitimes.

Qui peut m’aider à monter mon plan de financement ?

Le conseiller en évolution professionnelle, gratuitement : France Travail, l’Apec, Cap emploi, les missions locales, ou l’opérateur régional pour les salariés et les indépendants, que l’on trouve sur mon-cep.org.